
Coup de théâtre dans le très vieux dossier des liaisons dangereuses entretenues par une compagnie aérienne à bout de souffle avec une société d’économie mixte : après avoir été condamnés et frappés au portefeuille en première instance, Éric Koury et son père Raphaël ont finalement été blanchis en appel.
Atterrissage tout en douceur, mardi, pour Éric Koury et son père Raphaël qui avaient fini par être rattrapés, sur le plan judiciaire, par les turbulences politico-financières rencontrées par Air Guadeloupe. Bien que condamnés en février 2014 à des peines de prison avec sursis auxquelles s’ajoutait surtout une amende totale de 90 000 euros, les deux hommes ont finalement bénéficié d’une relaxe totale en appel dans ce nébuleux dossier vieux d’environ 20 ans. À la base ? Des délits financiers portant sur la gestion d’une compagnie locale de transport aérienne à bout de souffle. Avec en point d’orgue : les liaisons dangereuses qu’aurait entretenues, selon les enquêteurs, cette dernière avec la Société d’économie mixte de transports de la Guadeloupe (SEMTG). Une Sem créée sous la présidence de Lucette Michaux-Chevry au conseil régional. Au terme d’une audience spéciale du tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre, fin 2013, qui s’était étalé sur deux jours, et à l’issue de laquelle le représentant du ministère public avait fait sensation, en soulignant notamment qu’il « manquait une dizaine de personnes sur le banc des prévenus, dont Jean-Paul Fischer (ex-directeur de la Semsamar, NDLR) et Lucette Michaux-Chevry » , les Koury père et fils, Raphaël et Éric, étaient néanmoins parvenus à marquer quelques points. C’est ainsi qu’Éric Koury, en sa qualité de PDG d’Air Guadeloupe, et son père Raphaël qui avait, lui, un pied dans la Sem et l’autre dans la Compagnie aérienne en qualité d’actionnaire, avaient été absous de toutes les poursuites ayant trait au volet des taxes aéroportuaires non versées à la chambre de commerce et d’industrie mais pourtant payées par les voyageurs au moment d’acquitter leur billet.
En revanche, les deux hommes avaient donné l’impression de s’être pris les pieds dans le tapis en étant reconnus coupables d’abus de confiance, recel et abus de biens sociaux. Épinglé d’abord pour avoir signé des contrats de location « à des conditions déséquilibrées » signés à la SEMTG, ensuite pour avoir ensuite cédé ses appareils à des tarifs tout aussi surprenants, ou enfin pour sa participation dans le rachat « d’un simulateur de vol hors d’usage » , Éric Koury avait écopé de la plus lourde peine : 2 ans de prison avec sursis et 60 000 euros d’amende. Quant à son père Raphaël, il s’était vu infliger 10 mois avec sursis et 30 000 euros d’amende au titre d’abus dans l’unique volet de la fameuse vente des avions à la Sem pour une somme de 5 millions d’euros. Ce sont ces deux décisions qu’entendaient contester, lors de l’audience du 6 octobre, père et fils devant la cour d’appel de Basse-Terre. Certes, la procureure générale a bien requis la confirmation des peines prononcées en première instance, mais les juges semblent, au final, avoir été convaincus par les arguments soulevés par une défense résolue à obtenir la relaxe des Koury. C’est en tout cas le sens de l’arrêt rendu mardi par la cour à l’issue d’un mois de délibéré : relaxés. De cette affaire vieille de 20 ans et dont le dossier avait déjà failli être enterré à force de prendre la poussière, il ne reste donc plus grand-chose.
Hormis un grand flop, puisque la montagne vient d’accoucher d’une souris. A priori, l’accusation aurait, selon nos informations, décidé d’arrêter les dégâts, en repoussant l’idée d’un pourvoi en cassation.

crédit photo : ©B.LEDUC
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